Présélection 2015-2016

La présélection 2015-2016 est en ligne ! Les partenaires ont jusqu’au 20 juin pour voter et élire les six ouvrages qui seront en compétition pour la septième édition !

 


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  1. Sophie Van der Linden : L’Incertitude de l’aube, Buchet-Chastel, 2014, 160 p. 13 €

En ce jour de Fête de la Rentrée, à Beslan, Anushka est heureuse. Elle court avec Miléna, sa meilleure amie, sur le chemin de l’école. A peine arrivée, elle se retrouve prise au piège dans le gymnase. Ils seront plusieurs centaines d’enfants, prisonniers de terroristes tchétchènes. C’était il y a dix ans. D’un bout à l’autre de ce roman émouvant, le lecteur va suivre les pensées d’Anushka, qui égrène les souvenirs. Progressivement, avec la faim et la soif, avec la peur, la conscience de la jeune fille va glisser dans un imaginaire qui se substitue au réel.

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  1. Fatou Diome : Impossible de grandir, Flammarion, 2013, 411 p. – 21 €

Salie est invitée à dîner chez des amis. Une invitation apparemment anodine mais qui la plonge dans la plus grande angoisse. Pourquoi est-ce si « impossible » pour elle d’aller chez les autres, de répondre aux questions sur sa vie, sur ses parents ? Pour le savoir, Salie doit affronter ses souvenirs. Poussée par la Petite, son double enfant, elle entreprend un voyage intérieur, revisite son passé : la vie à Niodior, les grands-parents maternels, tuteurs tant aimés, mais aussi la difficulté d’être une enfant dite illégitime, le combat pour tenir debout face au jugement des autres et l’impossibilité de faire confiance aux adultes. À partir de souvenirs personnels, intimes, Fatou Diome nous raconte, tantôt avec rage, tantôt avec douceur et humour, l’histoire d’une enfant qui a grandi trop vite et peine à s’ajuster au monde des adultes. Mais n’est-ce pas en apprivoisant ses vieux démons qu’on s’en libère ? « Oser se retourner et faire face aux loups », c’est dompter l’enfance, enfin.

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  1. Thomas Gunzig : Et avec sa queue il frappe ! Au Diable Vauvert, 2014, 76 p. – 5 € (THEATRE)

« Tous ces films, toutes ces images, toutes ces histoires, tous ces cris, tout ce sang, tous ces meurtres, tous ces justiciers, tous ces coups portés au visage, tous ces scénarios bizarres, mal fichus mais toujours en trois actes, avec le temps ça m’a aidé à vivre. »

Comment Bruce Lee participe-t-il à la construction identitaire d’un adolescent introverti ?
Un père raconte son adolescence à son fils de sept ans, celle d’un gosse mal dans sa peau qui prend conscience du monde et trouve ses règles de vie dans le cinéma de genre.

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  1. Ronan Mancec : Azote et Fertilisants, éditions Théâtrales, 2014, 120 p.- 18 € (THEATRE)

« L’explosion de l’usine d’engrais AZF, qui a causé 31 morts et des milliers de blessés le 21 septembre 2001 à Toulouse, est le cadre d’Azote et fertilisants. Grâce à des recherches documentaires et à la collecte de témoignages, Ronan Mancec s’interroge sur le résultat, la réaction presque chimique de l’immixtion soudaine d’un événement violent dans le quotidien des gens. En entrelaçant paroles rapportées et détours fictionnels, il tisse une poétique de la catastrophe et propose un matériau de jeu à l’efficacité cathartique pour une tragédie d’aujourd’hui. »

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  1. Xavier Deutsch : Hope, Mijade, 2014, 240 p. – 11 €

Joseph Petersen est un adolescent tranquille de l’Amérique provinciale des années 1950. Pour payer sa bicyclette neuve, il distribue des journaux et travaille le samedi chez un garagiste. Les pin-up du calendrier 1952 lui sourient dans un coin de l’atelier : Mr. Carlson, le propriétaire du garage et ses deux filles ont fait du passage au mois suivant un rituel que Joseph attend avec impatience. En ce début de septembre, une toute jeune fille de papier regarde enfin le garçon, l’air grave et profond. Joseph, fasciné, la baptise Hope et décide rien de moins que de la retrouver.

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  1. Blanche Martire : Et il me dit : Pourquoi tu rigoles jamais Blanche ? éditions Fabert, 2015, 60p. – 7 €

Blanche est une élève discrète et réservée. Elle se sent en marge des autres et devient très vite le bouc émissaire d’une bande de filles qui font régner l’ordre dans la classe. Dans l’incompréhension générale, Blanche sombre peu à peu dans la dépression. Dans un style rythmé où les mots s’entrechoquent, à travers une succession de scènes souvent drôles, parfois cruelles, l’univers scolaire apparait tel un rouleau compresseur, déshumanisé et destructeur, mais aussi à travers le regard de l’héroïne, incompréhensible et étranger.

Texte intimiste relatant une période douloureuse de l’auteur, celle de sa scolarité en classe de 4ème au collège où elle est victime de harcèlement. Blanche évoque avec incompréhension sa mise à l’écart  malgré ses efforts pour ressembler et intégrer le groupe des filles de sa classe. Petit à petit, elle renonce  et quitte le collège, seul choix possible pour survivre. Grâce à l’écoute  de son professeur de langue, elle va reprendre confiance, écrire pour témoigner et  elle intervient  maintenant dans les établissements scolaires pour « briser le silence ».

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  1. Collombat, Isabelle : La mémoire en blanc, Thierry Magnier, 2015, 304 p. 14,50 €

« Léonie revient à Lyon pour quelques jours, elle est danseuse à Bruxelles dans une compagnie prestigieuse, elle a dix-neuf ans. Elle a été adoptée par une bonne famille lyonnaise, elle est noire. Harcelée au téléphone, agressé dans la rue et dans le métro, elle se rend vite compte que ce n’est pas le fait du hasard. Devant l’attitude embarrassée de ses parents, elle va détricoter le fil de son histoire. Non, elle n’est pas née en France mais au Rwanda, où son père faisait des affaires avec l’armée. Vingt ans après le génocide, la plaie est encore ouverte pour certains de ses compatriotes, avides de vengeance.

Pour Léonie c’est la stupéfaction, la révélation de son identité noire à laquelle elle n’avait jamais pensé dans ces termes-là, et les cauchemars qui l’assaillent depuis toujours prennent leur sens. Heureusement, il y a la danse, et son amoureux qui veille.

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  1. Maud Tabachnik : Si tu meurs, elle reviendra, Flammarion, 2014, 190p. – 13 €

Francis o’Mara et sa femme Maureen habitent Froggie, ville construite à partir de l’industrie du whisky. Francis  est ébéniste et Maureen tient une  librairie. Ils ont une fille de 25 ans qu’ils adorent. Ils se sont sacrifiés pour elle. Patricia a fait des études dans les meilleures universités. Pour fêter son anniversaire et l’obtention de son master juridique et financier, ils organisent une grande fête réunissant plus de  80 personnes. C’est un de leurs amis, Charles qui est chargé d’aller chercher Patricia à la gare. Mais Patricia n’arrivera jamais…

Le lecteur s’attache à Francis et Maureen soudés par leur amour et  leur joie de vivre. Mais, petit à petit il assiste à leur désarroi, compatit à  leur malheur. La haine et la vengeance vont les  transformer et  conduire Francis à sa perte. ..Le fantôme de Patricia va l’amener à mener sa propre enquête sur une plateforme pétrolière à Aberdeen Elle  s’écroulera sous une violente  tempête emportant avec elle tous les hommes. La force de la nature, la présence des esprits,  ajoute  au roman noir du  mystère.  La tension   présente du début jusqu’à la chute tient en haleine petits et grands lecteurs.

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  1. Martine Pouchain : Zelda la Rouge, Sarbacane, 2013, 245 p. – 14,90 €

Zelda a 16 ans et vit à Amiens avec sa grande sœur Julie dans la maison léguée par leur grand-mère. A 10 ans elle a été renversée par une voiture et a perdu l’usage de ses jambes. Depuis elle a tourné la page et a accepté sa condition « d’handi » mais sa sœur ne pense qu’à la venger et veut à tout prix retrouver le chauffard. Les filles partagent leur habitation avec la pétillante Kathy et l’ex Jojo. Un quotidien pas toujours simple mais où tout ce petit monde déjà bien brisé par la vie se serre les coudes.

L’histoire déborde d’énergie et de fraîcheur. Les personnages sont touchants, tout en fêlures et en contradictions. L’ensemble est réaliste, moderne, et saupoudré même de touches de paranormal. Un texte sur les relations humaines, juste, incisif et drôle, pas larmoyant pour un sou comme on aurait pu le craindre thème du handicap est là. On aime forcément toutes ces tranches de vie, ces personnages rencontrés, les regards croisés. Et puis, le livre est court, se lit bien et vite. L’écriture registre est courant, voire familier, avec quelques passages et réflexions plus ‘philosophiques’.

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  1. Hélène Vignal : Casseurs de solitude, Editions du Rouergue, 2014, 125p. – 11 €

Qui sait ce que vit, chez elle, la fille discrète assise au fond de la classe ? Qui sait de quoi sont capables ce palefrenier qui n’a l’air de rien, cette petite écervelée qui tombe amoureuse comme on s’enrhume, et ce collégien en stage à la préfecture ? Et qui sont vraiment ces adultes que l’on croise souvent : le principal du collège, le copain de papa, le patron de maman et cette gentille nounou experte en gaufres ? Un jour, il se passe quelque chose de fort, quelque chose d’inattendu. Et il faut agir. Il faut faire un geste de courage, d’entraide. Ne rien lâcher, et même savoir se sauver ! Neuf histoires pour sortir de sa bulle. Neuf histoires pour casser la solitude.

Les thèmes sont variés : une maman obnubilée par son travail, une jeune fille de 13 ans qui fugue avec son papa malade psychiatrique pour aller voir la mer, une jeune africaine qui doit échapper à l’excision en France, une histoire d’amitié entre un cheval et une jeune fille, des cupcakes ratés, l’homosexualité paternelle… Bref, la petite fille à son papa est une tête-à-claques? Le proviseur qui n’arrête pas de jurer est vraiment détestable? Rêves déçus, désirs qui se réalisent, erreurs, imperfections de la vie, parents surprenants, décevants, révélations inattendues, justice et injustice sont quelques-uns des thèmes qui gravitent dans ces histoires qui s’enrichissent les unes au contact des autres, faisant tourner les mêmes personnages sous différentes facettes. Un livre pour encourager les adolescents à se battre, à continuer, à changer, à s’adapter pour avancer quelles que soient les difficultés de la vie Et puis, le livre est très court et sous forme de nouvelles, il est facile à lire.

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  1. Gaël Aymon : Ma réputation, Actes Sud Junior, 2013, 99p. – 10,50 €

On le sait : le collège et le lycée sont des endroits assez redoutables, surtout pour les enfants différents ou solitaires. Laura, 15 ans, préfère la compagnie des garçons, celle de Jimmy, Sofiane et Théo. Mais lorsqu’elle repousse les avances de Sofiane, ses amis lui tournent le dos et Laura se retrouve isolée et vulnérable. Seule en cours, seule au self, seule dans les couloirs. Les pires ragots circulent à son sujet sur les réseaux sociaux, la rumeur enfle et l’isolement de Laura grandit. Jusqu’à sa rencontre avec Joséphine, élève solitaire et marginale comme elle, qui va l’aider à relever la tête et à dénoncer le harcèlement dont elle est victime.

Parce que les réseaux sociaux font partie de leur vie et que ce petit roman met le doigt sur le harcèlement virtuel et la pression de la société. Petit roman qui va très, très vite à lire et que chaque ado appréciera. Il pousse à la réflexion sur nos actes et bien évidemment, on peut tous se souvenir d’un élève solitaire, un peu ridicule, parce que différent et qui n’avait pas d’amis au lycée…

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  1. Jean-Luc Marcastel : Un monde pour Clara, Hachette, 2013, 352p. – 16,50 €

2027, en France. Après une catastrophe nucléaire succédant à tant d’autres, l’écologie est plus que jamais au centre des préoccupations. Les Enfants de Gaïa est une puissante secte extrémiste qui mêle discours écologiste et spiritualité. Diane, dont la jumelle Clara est morte suite à cette catastrophe, participe, avec son meilleur ami Léo, à l’une de leurs manifestations anti-nucléaire. Mais la marche pacifique tourne au combat de rue, et Diane, grièvement blessée, tombe dans le coma. Dix ans plus tard, la jeune fille se réveille. Pendant son sommeil, le monde s’est transformé. Les Enfants de Gaïa sont à la tête du pays. Ils sont tout puissants. Et ils ont fait de Néo Lutécia, construite sur les ruines de Paris, la cité écologique idéale. Diane y retrouve Léo, désormais lieutenant de la secte. Elle apprend qu’elle est devenue l’icône de la Révolution Verte, une incarnation vivante de Gaïa aux yeux de ses fidèles et découvre un nouveau monde bien loin de celui dont Léo et elle avait rêvé…

C’est une lecture riche et qui marque. Privilégier les élèves qui aiment lire pour ce roman beaucoup plus long que les autres et dont l’histoire, bien que prenante, est plus ardue.

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  1. Jean-Paul Wenzel : Tout un homme, Autrement, 2011, 106 p. – 10 € (THEARTE)

Il s’appelle Ahmed. À 16 ans il quitte la Kabylie et embarque pour la France. C’est le début d’une épopée qui le conduira d’Alger à Marseille, de Marseille à Paris, de Paris en Lorraine où il croise les veux brillants de Leïla, fille de Mohamed, mineur de fond arrivé en Lorraine en 1947 qui le fait embaucher à la mine. Ils s’appellent Saïd et Omar, deux copains venus d’Assoul, un village du Sud marocain. On est en 1973. Un jour, une rumeur circule :  » 44 francs par jour, logement gratuit, la France recrute ! « . Ils sont alors quelques milliers à converger vers Ouarzazate où ils attendent, en ligne et torse nu, qu’on leur appose sur la poitrine un tampon vert, indispensable sésame pour atteindre cet  » eldorado « 

Le départ du pays, la traversée, l’arrivée en France, le froid, la mine, la, la peur, le bruit, la solidarité, les fêtes, les accidents, les enfants, les femmes, les grèves, les retours au pays, la vie entre deux rives, parfois simple balancement, parfois fracture, gouffre… L’écriture forte et sensible de Jean-Paul Wenzel lui a été inspirée par la puissance d’évocation de ces hommes et de ces femmes, l’énergie considérable de leur parole.

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  1. Marcus Malt : Fannie et Freddie, Zulma, 2014, – 15,50 €

New York. L’énorme escroquerie des subprimes a conduit à la ruine des millions de ménages modestes endettés à mort, comme les parents de Fannie, vieux couple d’ouvriers rêvant d’accéder à la propriété. Fannie, surnommée Minerve par ses collègues de bureau parce que son buste tout entier pivote quand on l’interpelle. Fannie, dont personne ne se doute que sa raideur masque une effrayante coquetterie pour dissimuler un œil de verre. Cachant l’âme d’un cyclope solitaire, cette Minerve borgne n’en est pas moins femme. Au volant de sa vieille Toyota, elle traverse l’Hudson et se dirige vers la pointe fortunée de Manhattan, l’esprit vide, des sortes de rêves plein le cœur… « Le trajet dure une quarantaine de minutes, au terme duquel elle pénètre dans un parking couvert au 45, Wall Street. Elle monte jusqu’au sixième niveau, le dernier, et parcourt les allées au ralenti jusqu’à ce qu’elle ait repéré ce qu’elle cherche : un coupé Mercedes gris métallisé. »
L’inoubliable auteur de Garden of Love use d’un style percutant, d’une justesse implacable, pour parler de la vraie vie dans un monde d’une tranquille inhumanité, qu’on dirait inventé pour terrasser l’individu au profit d’une coalition perverse de spéculateurs et d’exploiteurs de tout acabit. C’est ce qui ressort de Fannie et Freddie, récit d’une vengeance à couper le souffle, comme seuls la folie et le désespoir savent en fomenter.

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  1. Stéphane Servant : Cheval Océan, Actes sud junior, 2014, 57p. – 9 €

L’horizon d’Angela, au-delà des tours du quartier, c’est cette mer indomptable du Portugal, celle de sa grand-mère, son avozinha. Une mer furieuse, comme un cheval au galop. Angela rêvait d’un voyage là-bas, avec Benjamin, en été. Ça, c’était avant cet être qui grandit dans son ventre, à qui elle parle doucement. Dorénavant, l’océan est son point de fuite, son dernier refuge. En s’avançant dans l’eau houleuse, Angela crie son histoire, sa colère et cherche le soutien du cheval Océan.

Court, violent, écrit dans une langue et un style d’une beauté rare, Cheval Océan tient pleinement la promesse de la collection d’une seule voix : « Des textes d’un seul souffle. Des textes à dire, à partager avec soi et le monde. »

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  1. Marie-Aimée Lebreton : Cent sept ans, Buchet-Chastel, 2014, 128 p. – 11 €

Nine ne connait de son enfance que la rencontre de ses parents en Algérie, leur amour trop bref, et la mort du père fauché par la guerre. Madame Plume, sa mère, évoque à peine la vie d’avant et la fuite du village de Kabylie s’installer dans le nord de la France, où elles ont vécu à l’écart du monde. Au mutisme maternel, la petite oppose une soif de savoir, de comprendre et de se libérer qui passera par l’apprentissage du piano, du langage, et aussi par un retour sur la terre des origines.
Ce court récit de l’exil épouse le rythme et la poésie du conte pour nous évoquer la quête identitaire d’une femme éblouie par les lumières de son enfance.

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  1. Marion Richez – L’Odeur du minotaure, Sabine Wespieser 2014 – 122 p. – 14 €

De la blessure que lui firent les fils de fer barbelés, alors qu’elle s’élançait, confiante, dans un champ où broutaient des vaches, la petite fille n’a gardé qu’une trace sur le bras. Elle qui ne voulait pas grandir a réussi un parcours sans faute. Son enfance terne, sa première histoire d’amour avec un jeune homme aussi rangé qu’elle, elle les a remisées bien loin. Marjorie, après de brillantes études, est devenue la « plume » d’un ministre. Caparaçonnée dans ses certitudes, belle et conquérante, elle se joue des hommes et de son passé. Mais le numéro qui s’affiche sur l’écran de son téléphone portable tandis qu’elle s’apprête à rejoindre son ministère, elle le reconnaîtrait entre mille, bien qu’elle ne l’ait plus composé depuis longtemps : sa mère l’appelle au chevet de son père mourant.

Quand, au volant de sa puissante voiture, elle quitte l’autoroute qui la conduisait chez ses parents, pensant prendre un raccourci, un choc violent la fait s’arrêter net. Elle vient de heurter un animal. Bouleversée, tremblante dans la nuit de la forêt, elle recueille le dernier souffle du grand cerf qu’elle a tué. Et c’est à ce moment que sa vie bascule. L’Odeur du Minotaure, comme les contes initiatiques auxquels il s’apparente par l’extrême concision de sa langue et la simplicité de sa structure, est un beau roman de la métamorphose.

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  1. Eliane Girard : Camille s’en va, buchet-chastel, 2015 – 272 p. – 15 €

Camille vit avec sa mère, Maryline, dans une ville moyenne du nord de la France. Il y a déjà bien des années, son père est mort accidentellement, d’une balle qui ne lui était pas destinée. Maryline, depuis, s’est coupée de tous. Elle survit grâce aux médicaments. Elle oblige sa fille à rester enfermée avec elle dans leur appartement où la télévision, toujours allumée, tient lieu de réel.

La mère et la fille n’ont pas le même regard sur l’image. Pour Maryline, le drame est permanent et sa peur du monde extérieur empire de jour en jour. Pour Camille, à travers un jeu de télé-réalité qui va la motiver à partir, le rêve est à portée de main. Le jour de sa majorité, excédée par la vie mortifère imposée par sa mère, Camille s’en va. Elle n’a pas d’amis et très peu d’argent. Elle s’invente un personnage et part en stop, à la découverte des autres – et d’elle-même.

Roman ancré dans le quotidien de ’petites gens’, Camille s’en va parle aussi de notre société, de solidarité, de situations extrêmes qui, cependant, ne sont jamais sans espoir.

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  1. Caroline Solé : La pyramide des besoins humains, l’école des loisirs, 2015, 124 p. – 12,80 €

Un peu par hasard, Christopher, un adolescent SDF, décide de s’inscrire au dernier jeu de télé-réalité à la mode : La Pyramide des besoins humains. Inspiré de la théorie en 5 piliers de Maslow, le jeu se déroule du 1er octobre au 1er novembre, entièrement par internet. Pour participer, il suffit de franchir les étapes de la Pyramide en racontant sa vie…A 15 000 au premier niveau, plus qu’un au dernier. Et si un fugueur mineur vivant dans la rue se mettait à espérer : et s’il était le gagnant de ce jeu ?

Une idée originale et intéressante d’émission de télé-réalité, un héros de 15 ans, SDF, aussi emblématique et juste que celui de L’Attrape Coeur, une écriture franche, directe et juste. Les trois ingrédients sont là pour transformer le roman La Pyramide des besoins humains en petit bijou littéraire. En outre, moderne et actuel, le roman porte un regard fin sur nos réels besoins et sur notre société. Un premier roman d’une grande qualité.

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  1. Jean-Baptiste Cabaud : Fleurs, La passe du vent, 2014, 66 p. – 10 € (POESIE)

L’ouvrage de Jean-Baptiste Cabaud, «Fleurs», s’inscrit pleinement dans la collection Poésie des éditions La passe du vent dont la ligne éditoriale s’affirme avec chaque nouvelle publication.
«Fleure» est un ouvrage qui brouille toutes les pistes poétiques. D’une apparence trompeuse, il semble d’abord s’adresser, avec son titre naïf, à un public jeune, peu familier des oeuvres poétiques. Et puis, soudain, les mots indiquent une autre voie à suivre. Un chemin plus périlleux, moins évident.
«Fleurs» suivi de «Baby Fleur» se partage entre courtes proses et poèmes verticaux, entre fragments épare et monologue ou adresse à l’autre…
Les vers et les phrases, peu à peu, se déconstruisent… pour, ensuite, se reconstruire et se rejoindre enfin en un «bouquet» final.

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  1. Chantal Dupuy-Dunier : Mille grues de papier, Flammarion, 2013, 644 p. – 20 € (POESIE)

L’auteure s’est inspirée d’une petite fille japonaise irradiée à Hiroshima qui voulait plier mille grues de papier pour que son rêve de vivre se réalise. Elle n’en plia que 644, tout comme l’auteure qui y écrivit les poèmes figurant dans le recueil. L’auteur réside en Auvergne.

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  1. Sylvie Fabre G. : Tombées des lèvres, éd. L’escampette, 2015, 89 p. – 13 € (POESIE)

L’enfance est un lieu. Pour chacun de nous elle est une Ithaque. Et la poésie est certainement cette barque qui nous y ramène. « Tombées des lèvres », deux petites filles, Anna Livia et Tosca, autorisent Sylvie Fabre G. à de nouveau aborder ce territoire où l’oiseau qui prend son envol prolonge l’irrépressible poussée de vie qui a fait grandir l’arbre. Se souvient-on de la rupture augurale de cette entrée dans le monde ? Quels sont les mots échangés qui nous ont donné la confiance dans le plein de l’existence, malgré la douleur de l’arrachement ? Car ce sont aussi les paroles qui s’échappent et qui sculptent l’âme de l’enfance, ces paroles primitives et aimantes nées du vent dans les branches. Ces paroles que la poésie, fille de l’enfance, sait prononcer, mystérieusement, malgré la mort.

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  1. Dominique Richard : L’enfant aux cheveux blancs, éditions théâtrales, 2014, 96p. – 8 € (THEATRE)

Une écriture, à une voix et ensuite à plusieurs voix, caractérise cet ouvrage où il est question d’un enfant qui choisit l’espace d’un moment une mise en retrait sentant tout le poids et les conséquences qu’un détachement de l’enfance occasionnerait. Ces voix, qui s’expriment sont familiales ou amicales, l’encouragent en lui donnant une perception de l’existence malgré l’existence du mal et la concrétisation de ses désirs.

Mais l’ouvrage de Dominique Richard est plus que cela. Il nous décrit l’engagement, une action salutaire qui nécessite une brisure, une fêlure afin d’évoluer. Cet engagement de la jeunesse trouve un écho plus large dans la condamnation du mal, dans l’injustice manifeste du monde. Et si cette révolte étouffait en son sein  les germes de la tragédie antique… Une tragédie œdipienne qui rappellerait à chaque être en devenir la voie à suivre. Un chemin de libération et douleur où l’adolescence constituera le marchepied à une évolution existentielle programmée par notre société.