La sélection 2014-2015

Pour la 6e édition du Prix Escales littéraires en lycée professionnel, six romans étaient en lice !

Jean-Marc Erre – La Fin du monde a du retard

Buchet-Chastel, 2014

Construit sous la forme d’une course poursuite, La fin du monde a du retard met en scène Alice et Julius, deux amnésiques qui s’évadent de la clinique psychiatrique où ils sont traités. En effet, Julius s’est donné pour mission de déjouer un terrible complot qui menace l’humanité. Poursuivis par la police, par des journalistes et par de mystérieux personnages de l’ombre, ils iront de péripéties en rebondissements jusqu’à l’incroyable révélation finale.

La fin du monde a du retard se veut avant tout un récit joyeux sur ce qui fait à la fois le malheur et la grandeur de l’être humain: sa capacité à se raconter des histoires.

J.M. Erre, de son vrai nom Jean-Marcel Erre, a publié son premier roman « Prenez soin du chien » aux éditions Buchet-Chastel en 2006, une enquête loufoque mettant aux prises les locataires de deux immeubles jumeaux.  Ses romans, au rythme soutenu et à l’humour frisant l’absurde, sont une curiosité dans le paysage littéraire français. J.M. Erre vit à Montpellier et enseigne le français dans un lycée à Sète.


Hervé Le Tellier – Joconde jusqu’à cent : et plus si affinités

Editions Castor Astral, 2011

À l’instar des Exercices de style de Raymond Queneau, Hervé Le Tellier s’est amusé à mettre en scène le tableau le plus célèbre au monde avec des points de vue insolites : de l’agent 007 à Zazie en passant par Jules César et un médecin. Toutes ces variations ne racontent pourtant jamais la même histoire et mettent la Joconde dans tous ses états. Le célèbre tableau est animé, commenté et détourné par une coiffeuse, le commandant Cousteau, un amoureux éconduit, un internaute…

Autant d’avis qui sont à même d’élargir le sourire de Mona Lisa, tirer des sourires au plus récalcitrants et ravir les amateurs de pastiches, de burlesque, de jeux de mots et de facéties en tout genre.

Mathématicien de formation, Hervé Le Tellier est à la fois auteur de romans, de nouvelles, de poésies et de théâtre, il est aussi linguiste et journaliste. Il participe depuis 1991 à l’émission « Les papous dans la tête » sur France-Culture et écrit un billet d’humeur quotidien pour le journal Le Monde. Hervé Le Tellier est entré à l’Oulipo en 1992 et a publié sur l’Ouvroir un ouvrage de référence : Esthétique de l’Oulipo.


Olivier Deck – Adieu Torero

Au Diable Vauvert, 2013

1938, guerre d’Espagne. Près de l’Èbre, sous un olivier, un jeune déserteur et un torero partagent la maigre protection d’un mur de pierre contre les rafales ennemies. La mort rôde sur leur tête, au bout du fusil d’un sniper. Dans le temps de l’attente, les âmes se dénudent jusqu’à l’os.

Un échange entre deux mondes différents à travers deux hommes et la fragilité de la vie.

Écrivain, poète, peintre, musicien… l’œuvre polymorphe de ce Gascon, Béarnais installé dans les Landes, se construit depuis une vingtaine d’années autour de la parole et de l’image. Au fil du temps, l’écriture va prendre davantage de place dans sa création. Depuis 1999, il publie régulièrement des romans et des nouvelles, ainsi que de la poésie qu’il porte lui-même sur scène, mise en musique ou simplement dite.


Henri Bornstein – Mersa Alam

Editions Théâtrales, 2010

Une adolescente mal dans sa peau, mal dans sa famille, mal dans son corps. Un texte désespéré sur ces âges transitoires ? Non, un monologue puissant, traversé de voix. Une jeune fille contre la bêtise crasse de son beau-père et l’atonie de sa mère. Et il est question d’une grande sœur partie en Afrique et des visions de notre protagoniste : la tête éclate à force…
Mais les apparences sont trompeuses : ce beau-père raciste ne cache-t-il pas une fêlure ? L’oncle policier ne peut-il pas être poète ? Ou clown ? Autant de questions posées par Henri Bornstein dans ce texte au souffle vivifiant.

À lire comme un roman-journal. À jouer pour dire la violence ordinaire.

Après un diplôme d’ingénieur, Henri Bornstein suit des études musicales et théâtrales. Il est aujourd’hui écrivain, enseignant et metteur en scène.  Mersa Halam est son premier texte de théâtre pour la jeunesse, suivi en 2011 de Frère et sœur, puis en 2015 de Moi, Arcan.